Je l'ai regardé des milliers de fois le regarder. J'ai vu les yeux furtifs, mais les yeux aimants, les yeux fuyants mais les yeux dépressifs. Les nombreux amants qu'elle aurait pû avoir seraient morts de chagrin s'ils avaient été à ma place. Pour l'instant, ils observent juste la scène de loin, extérieurs, impuissants, adversaires. Si je les avais en face de moi, je leur dirais que tous leurs efforts ne serviront à rien, qu'ils perdent leur temps et leur flamme. Bien sûr, je la vois de ces petits yeux ronds brillants sourire de leurs avances. Rire de savoir qu'elle est aimée, enfin, après tout ce temps, à sa grande valeur, à sa juste valeur. Cet éclair sur son visage n'aura duré que quelques minutes, le temps que le nuage habituel revienne et eclipse tout sur son passage. Les potentiels soleils de sa vie n'auront pas eu raison, pas cette fois et repartent en voyage le coeur serré de la voir s'enterrer avec ses maux, de la voir maquiller ses yeux, coiffer ses cheveux pour un autre. Lorsque je l'entends parler, elle esquisse un rire à la fin de chaque phrase, comme si c'était sa manière à elle de ponctuer les mots, de ponctuer les choses. Elle n'a jamais eu beaucoup d'illusions, pourtant elle n'a jamais perdu l'ombre d'un espoir. Elle a choisit de tracer sa voie toute seule, les bras dansant et le dos courbé, elle joue au funambule qui sur son fil a bien souvent peur de tomber, mais comme par enchantement elle revient toujours droite. Toutes les peines de tes fêtes te marquent un peu plus chaque fois. Tu sais, mine de rien, j'ai tout vu, tout suivi, certes du coin de l'oeil, mais j'en ai vus des résidus d'amour, des papiers que personne ne doit lire. Ils se seront tous bousculés au portllon n'espérant qu'un signe, un geste de ta part. Mais guidée par le vent et ta fougue tu aurais préféré qu'ils arrivent plus tôt ou beaucoup plus tard. Il a décimé ta vie, pourtant il l'a rend meilleure par des petites attention auxquelles on ne prête pas beaucoup d'intérêt, mais qui auprès de toi prennent toutes leurs sens. Ils ont essayé de faire leur intéressants, mais tu as préféré le naturel des relations, la magie des rencontres qui durent et qui te suivent tout l'temps. Il te tourmente et je me tourmente moi de te voir aussi tourmentée par ses tourments. Tu ne diras jamais qu'il te manque, puisqu'il te hante plutot. Tu ne diras jamais que tu l'aimes, puisque tu le détestes. ll frôlera ta vie, voguera en parallèle, mais aura trop peur de la croisée des chemins. Je voudrais t'écrire le bonheur, qu'il arrive vers toi avec des fleurs, que tu souris avec vérité, que t retrouve le courage, l'innocence, les yeux fermés des débuts. Voilà des petites années que je suis vos chevaux de manège. Je suis tout près, derrière là, admirative devant ton calme, admirative devant son arrogance déplacée. Les pouvoirs ne m'envahissent pas ces derniers temps. Mais tu sais lorsqu'on me dit que j'ai un cil sur la joue, je fais un voeu. C'est souvent le même depuis quelques temps, et si ces trucs là marchent, alors j'ose espérer présomptueusement que ça marchera pour toi. J'y crois encore en secret, je sais bien que si je te l'dis tu penseras que je me fous de toi. Je voudrais sucrer ta vie pour atténuer le piment qu'il a mis dans la tienne. Si tu t'arrêtes là, il aura gagné le jeu des non dits, si tu t'arrêtes là tu l'auras laissé gagner. Je sais bien que c'est pas ce que tu veux, et ça restera ta partie jusqu'au bout. Alors je dirais à tous ceux qui s'interrogent que l'amour ne tombera jamais à l'eau. Fais moi confiance encore une fois, c'est sûrement l'une de mes dernières excursions près de toi, montes à bord. C'est mon dernier tour, c'est la derinère fois, après promis juré je me laisse couler et tu feras le nécessaire pour moi à la surface. Je veux que tu y'arrives, ça ne doit pas être compliqué. Je veux que tu sois la reine, et qu'il se taise devant tant d'éblouissements.